« La patrie ou la mort, nous vaincrons »

Une femme, suite à la rencontre d’un homme avec qui elle entame une relation, se retrouve dans un cinéma d’art et d’essais, lieu qu’elle n’a pas l’habitude de fréquenter.
Je n’avais pas envie de venir. Je n’avais pas envie de venir. Je n’allais pourtant pas le lui refuser. Comment aurais-je pu dire non à cette expression si persuasive et si enthousiaste ? Cet homme, que je connaissais à peine, m’avait fait fléchir. « Je n’aurais pas dû fléchir » me répétais-je, infatigable, tandis que je tendais mon billet à l’entrée du cinéma.

Je suivis, passive, l’homme qui marchait devant moi et dont le pas assuré, était rythmé par le bruit d’une paire de chaussures neuves. Tout en m’affaissant dans un siège, je me répétais que je n’avais pas envie de venir. C’était la première fois que je me rendais dans un cinéma d’art et d’essais. Habituellement, j’allais dans un UGC ou un Gaumont, ces machines à sous infernales, ou mieux encore, je n’allais pas au cinéma. Cela ne me coûtait rien et me permettait de finir mes fins de mois tranquillement.

A mon humble avis, cela n’était même pas un vrai film. On ne pouvait pas m’en vouloir. Un documentaire ! Sa qualification enflamme certaines discussions.

Je poussais un énième soupir. La lumière s’éteignit. L’écran s’alluma. Le film commença.

C’est un jeune homme noir comme l’ébène, aux yeux malicieux, munit d’un éclatant sourire. Une musique Africaine envahit la salle, emplit mes oreilles, titille mes tympans. Cette musique accompagne l’homme durant quelques minutes tandis que celui-ci salue une foule endiablée, grimpant marche sur marche, prêt à entamer son discours.

Soudain, la musique cesse. La voix de l’homme retentit. Simultanément, je me redresse. Une flamme, timide, s’éveille en moi, celle de la curiosité. Mon visage se durcit, victime de la concentration. Dans cette salle de cinéma, temple de la découverte, j’ai accès à un savoir que je n’aurais jamais jugé nécessaire ni atteignable. Je découvre l’un des problèmes fondamentaux de l’Afrique. Ce continent, pourtant plus proche de moi que l’Amérique, dont j’ignore tout. Alors que le modèle américain m’accompagne au quotidien, jusque dans ces cinémas, Gaumont ou UGC.

L’homme noir est au pouvoir. Dans un flot de paroles, il se proclame président. C’est un coup d’état. On pourrait penser qu’une nouvelle autocratie abusive va s’imposer au peuple. Le stéréotype africain nous le suggère. Ce régime politique ouvre grand ses bras à Thomas Sankara. On ne pourrait pas imaginer de suite plus logique. Je n’imagine pas de suite plus logique. On se trompe … Pas de répressions violentes, pas de croissance soudaine d’inégalités, pas de corruption mais plutôt : la mise en place d’une fête de la nature, l’amélioration des conditions des femmes, le choix d’un nouveau nom pour le pays : Le Burkina Faso.

L’homme noir s’agite. Il s’affaire, il dérange.

Je ricane lorsqu’il charrie François Mitterrand. Je ris lorsqu’il tente de voler un avion en Libye. Je réfléchis lorsqu’il déclame un discours à l’ONU, déclenchant gêne et rictus chez les plus grands. Je soupire lorsqu’il est confronté aux sables mouvants qui empêchent l’Afrique d’avancer. Je me révolte lorsqu’il est assassiné. La grandeur d’un président ne se mesure pas à la taille de son pays. Je change d’avis.

♦♦♦♦♦♦♦

 

téléchargement (1)

 

Thomas Sankara est né le 21 décembre 1949 à Yako en Haute Volta et est mort assassiné le 15 octobre 1987 à Ouagadougou au Burkina Faso. C’est de 1983 à 1987, qu’il est chef d’état de la République de Haute Volta qu’il rebaptise plus tard Burkina Faso.

Durant ses quatre années de présidence, cet homme politique, anti-impérialiste, mène une politique d’émancipation nationale qui transparaît dans des mesures telle que le changement de nom de Haute Volta, issu de la colonisation, en un nom significatif : Burkina Faso (Le pays des hommes intègres). Sankara souhaite également désendetter le Burkina Faso, cinquième pays le plus pauvre du monde, faire évoluer la condition des femmes dans le pays, éradiquer la corruption ainsi qu’améliorer l’accès à l’éducation afin de réduire le taux d’an-alphabétisation.

Malgré ses idées progressistes, Thomas Sankara exerçait une véritable dictature au sein du pays. Est-elle acceptable dans la mesure où celui ci luttait tout de même pour l’amélioration des conditions de vie de sa population ? Je vous invite, si l’envie vous en dit, à y répondre. Votre texte sera le bienvenu !

 

Aziana Nzoulou

Si vous souhaitez en savoir un peu plus !

 

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s